La versatilité de Los Atemperados ne peut s'expliquer qu'à partir des influences innombrables et variées que, au fil du temps, chacun des membres a accumulées et qui vont de Bach à Inti Illimani, de Keith Jarret à Mono Blanco, de Virulo à Premiata, etc.
C'est pour cette raison que quiconque écoute ce disque pourra passer, sans douleur, de la bossa nova au pasaje llanero, du son jarocho à la zamba, mais aussi d'une délirante fusion de danzones à un troc entre un ensemble de chambre et un groupe folklorique andin.
Toujours dans le respect des différents genres et styles, Los Atemperados aboutissent à des versions puissantes et originales par le biais d'arrangements instrumentaux et vocaux qui ne cherchent pas l'orthodoxie, mais plutôt la diffusion d'une musique de qualité — quel que soit son genre — pour un public plus ample, et qui font passer la mélodie et le bon goût avant la virtuosité et la pyrotechnie injustifiée. Pour y arriver, ils utilisent un éclectique mélange d'instruments: guitares, jaranas, requinto, claviers, synthétiseurs, basse électrique, contrebasse, flûte douce, grosse caisse, güiro, pailas, etc.
Nous pouvons conclure en disant que, dans ce premier disque, Los Atemperados réussissent avec succès cette traversée de pays et de genres, tout en nous transmettant des idées, des émotions, et surtout leur vision de la musique comme une activité éminemment ludique qui nous rappelle la vieille sentence: “Vous vous prenez trop au sérieux”.